C’est de l’info ou du torchon ?

SupplémentSchuman

Les journalistes ne sont pas des rédacteurs pub

C’est (normalement) une évidence pour chacun d’entre nous qui avons un statut de
journaliste professionnel, la convention collective qui s’y rattache, voire la carte de presse, et les
acquis liés à cette profession si particulière qui est la nôtre… Nous ne sommes pas des publicitaires,
ni des attachés de presse. nous n’écrivons pas des textes pour lesquels un tiers a fait une demande,
rétribuée ou non, à notre service commercial. Nous ne photographions pas des produits dans le but
de vanter ce tiers, y compris institutionnel ou acteur public. Nous ne participons pas à l’élaboration
de la page ou du supplément ainsi commandé ou parrainé.

Evidemment, lorsque la demande émane de la Rédaction en chef, cela brouille les pistes. Le
supplément sur l’Unité de formation par apprentissage Robert-Schuman de Metz paru le 31 août
est l’exemple parfait du brouillard entretenu dans lequel nous exerçons notre métier : un supplément
inséré dans Le Républicain Lorrain papier, entièrement rédigé par des salariés hors de nos agences RL
– sans que soient informées d’ailleurs les petites mains de ces agences -, le tout chapeauté par la
cellule Education aux médias et donc par la Rédaction en chef, à la gloire de cet établissement et des
formations qu’il dispense.

Mais ne nous laissons pas leurrer. Certes, les journalistes reporters RL n’ont pas été sollicités
pour ce supplément qui a tout d’un « contenu parrainé et commercial » sans mention publireportage.
Mais ce produit a occupé la place principale à la Une du RL édition de Metz le 31 août, et figurait en
titre à la Une de toutes les autres éditions. Il a été acheté par nos lecteurs, pas plus informés que
nous des conditions de réalisation de ces huit pages à la charte graphique très proche du « Mag ». Les
textes écrits pour cette occasion par des personnes dont la section SNJ-CGT ne connaît pas le statut
pour certaines ont été publiés sur le site internet du RL sans mention particulière non plus. Le tout
contredisant la charte des principes éditoriaux Ebra.

Ce mélange des genres, cette pratique intéressée de « l’éducation aux médias », qui nuisent à
la crédibilité de notre titre et de notre profession, nous rappellent une chose : nous, journalistes,
sommes le premier barrage contre les dérives de la presse. Nous avons le devoir de poser les bonnes
questions. Si nous acceptons de faire autre chose que notre travail de journaliste tout en gardant
notre statut, demain comment défendre ce statut ? Quel lecteur dépensera et se battra pour une
information qui n’en a plus que le nom ?

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